21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 22:18

La campagne 2011 de protection de la migration des batraciens pour leur reproduction touche à sa fin. Le crapaudrome de Condé-sur-Vesgre a été démonté. Pour l'AME et ATENA78, l'heure est maintenant au bilan.

Évolutions du dispositif

Pour sa seconde année, le crapaudrome de Condé-sur-Vesgre a subi deux évolutions notables.

 

Tout d'abord, il a été rallongé en direction de Condé car, en 2010, de nombreux batraciens ont été retrouvés écrasés sur la route au niveau du pré des chevaux.

 

Ensuite, avec le concours de la CCPH, et compte tenu de l'existence d'une conduite à fond plat sur la route,  un « demi » crapauduc a été construit : un fossé en deux parties a été creusé côté nord de la route et des buses rectangulaires obliques le relient à cette conduite. Les batraciens peuvent aisément l'emprunter pour aller vers l'étang principal de reproduction. Par contre, la pente du raccord est assez forte, et ce chemin sera peut utilisable pour la migration retour.

Bilan quantitatif

Le nombre de migrateurs est sensiblement le même qu'en 2010. Jusqu'au démontage, 1012 batraciens ont été identifiés et 16 écrasés, soit un total de 1028. En 2010, ce total était de 1026, mais 74 avaient été écrasés.

 

La prolongation de l'obstacle le long des barrières et des clôtures de l'étang de pêche et de l'herbage aux chevaux a donc permis de faire chuter de manière sensible le nombre d'animaux écrasés.

 

Les batraciens ayant franchi la bâche et s'étant retrouvés coincés entre la route et la bâche de l'autre côté sont rares. Ceux qui ont préféré traverser au-delà du crapaudrome, en direction de Condé-sur-Vesgre ou en direction d'Adainville, ne sont pas plus nombreux. Le total de ces catégories se monte à seulement 7. La position et la longueur du crapaudrome sont donc très adaptées à la migration locale.

 

La numérotation des seaux et le comptage des batraciens débouchent sur des observations intéressantes :

 

  • . l'essentiel du passage se fait aux abord du passage entre l'étang de pêche et l'étang de reproduction, où se situe désormais  le crapauduc ;
  • . sur les 483 individus piégés au nord (migration aller), 106, soit 22%, l'ont été le long de l'herbage aux chevaux. Le prolongement du crapaudrome a porté ses fruits ;
  • . dans le sens retour, un léger pic de fréquentation est en face de l'entrée de l'étang de pêche.Il est possible que les batraciens atteignent la route à ce point en choissisant  une pente plus douce qu'en tentant le retour en ligne droite.

Répartition globale par seau ou par piège


 1  2  3  4  5  6               7  8  9 RC        RA 10 11 12 13 14 14'
11  8 11 26 29 21              13 27 25 64         52 75 44  38 16 13 10

RA = Regard à l'entrée est (direction Adainville) du crapauduc.
RC = Regard à l'entrée ouest (direction Condé) du crapauduc.

  
44 43 42 41 40 39 38 37 36 35 34 33 32 31 30 29 28      26 25 24 23 22 21 20 19 18 17 16 15
11 10 11 3 11 4 4 7 10 17 24 17 12 16 24 33 25   33 37 25 20
17 13 6 16 18 12 3

5

  • Note : les batraciens bloqués entre la route et une bâche peuvent provenir de n'importe quelle partie du crapaudrome. Pour ne pas fausser la répartition géographique, ils ne sont pas comptabilisés dans tel ou tel seau. En conséquence, le total des individus trouvés dans les seaux et les regards n'est pas identique au total des individus triés par espèces.

Bilan qualitatif

La diversité s'est maintenue, avec la prédominance attendue des crapauds communs et la rareté des tritons et des rainettes. Nous n'avons pas eu de « bonnes surprises » comme un alyte accoucheur ou un sonneur à ventre jaune.

 

Répartition faunistique au 14 mai 2011


Espèce ou taxon Femelles Mâles Indifférenciés
Crapaud commun 305  481 33
Grenouille agile 11  19 

65

Grenouille rousse 1  2 

21

Grenouille verte     50
Triton crêté 2     
Triton palmé 12    1

Triton ponctué

5 

   
Autres (*)
    4

(*) une rainette et des grenouilles indifférenciées (trop petites).

 

Les changements les plus notables par rapport à 2010 réside dans :

  • . l'absence d'observation de tritons mâles ;
  • . l'augmentation  sensible des grenouilles agiles (95 contre 33).

Bilan chronologique

Le comptage journalier par espèce montre que les grenouilles agiles ont été les pionnières.

 

Le démarrage de la migration a été laborieux, suivant en cela les températures.

 

Évolution de la température entre le 12 février et le 30 avril 2011

Températures le matin et le soir au crapaudrome de Condé-sur-Vesgre

Mais, dès le réchauffement suffisant, le critère déterminant a été l'humidité. Sur le graphique ci-dessous, les journées avec pluie sont notées avec une marque bleue sous l'axe des dates. Les épisodes secs (souvent par vent du nord soutenu), quelle que soit la température, ont provoqué une désertion du crapaudrome. La première pluie a eu un effet plus long que les autres précipitations car le vent était alors faible et la température fraîche.

 

 

Fréquentation quotidienne et journées avec précipitations (12 février-14 mai 2011 )

Nombre de batraciens par journée, avec signalement des jours de pluie

À cause de cette influence très forte de l'hygrométrie, certains bénévoles n'ont pas eu la satisfaction de voir beaucoup de batraciens lors de leurs tours de garde : participer au crapaudrome peut être ingrat. L'AME les remercie d'autant plus qu'ils n'ont pas cédé au découragement.

 

À 2012 probablement !

Publié par AME de Condé-sur-Vesgre

  • : Le blog de l'AME de Condé-sur-Vesgre
  • Le blog de l'AME de Condé-sur-Vesgre
  • : AME de Condé-sur-Vesgre (Yvelines, 78) Association Mémoire et Environnement. Protection et mise en valeur du patrimoine historique et naturel.
  • Contact