4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 23:02

Pourquoi cette action ?

Le crapaud commun et la grenouille agile sont, comme tous les batraciens (amphibiens), des espèces protégées dans notre pays. Ce sont des animaux à sang froid dont la vigueur est directement fonction de la température ambiante.  À l'instar des saumons, ils vont se reproduire là où ils sont nés. Le stimulus déclenchant  la migration vers le lieu de reproduction est principalement l'élévation de température en fin d'hiver. Les batraciens mettent leur vie en danger lorsqu’ils doivent franchir une route : à peine sortis de l'hibernation, donc peu vivaces, il leur faut de nombreuses minutes pour traverser une route, même étroite.

 

Un habitant de Condé nous a signalé l'hécatombe annuelle des batraciens au Gué Porcherel. Il en a également informé ATENA78 (voir Liens, sous le calendrier). Nos deux associations se sont donc unies pour y remédier.

 

Bilan : 952 batraciens, crapauds communs, grenouilles et tritons, ont profité du système. 74 ont été écrasés.

Crapaudrome et crapauduc

Le crapaudrome est situé près d'un plan d'eau, lieu de reproduction de beaucoup de batraciens, le passage de la route est alors fait par cette multitude d'individus. Il est constitué d'un obstacle qui empêche les animaux de traverser la route et de seaux enterrés dont le bord supérieur affleure : les animaux qui longent l'obstacle tombent, piégés, dans les seaux. Des volontaires relèvent quotidiennement les animaux dans les seaux, les identifient et les comptent, puis les relâchent de l'autre côté de la route.

L'opération se prolonge par sa symétrique,  pour le retour de migration.

 

Ce dispositif n'est pas une solution pérenne à la différence d'un crapauduc, conduite rectangulaire qui passe sous la chaussée.

Les écoliers sensibilisés

Le 15 janvier, César Robineau (ATENA) est intervenu auprès des élèves des écoles de Condé et Adainville. Il leur a présenté le cycle de vie des amphibiens, les différentes espèces et les caractères qui permettent de les identifier.

Un concours de dessin a été organisé. Les dessins choisis par chaque classe ont ensuite été affichés pour signaler le site.


Dessins des écoliers intégrés à la signalisation du site.

Dessins des écoliers intégrés à la signalisation du site.

Les adultes aussi

Le 6 février, une réunion a permis d'informer le public sur les mœurs des  batraciens, d'expliquer le pourquoi du crapaudrome et de fournir des renseignements pratiques. Des volontaires se sont alors proposés pour renforcer ATENA78 et l'AME.

Trois bons mois de travail

Le 13 février, une vingtaine de bénévoles s'est donné rendez-vous pour installer le crapaudrome, sur une longueur de plus de 100m, de chaque côté de la route.


Installation du crapaudrome, les pieds dans la neige.

Installation du crapaudrome, les pieds dans la neige.

 

Ensuite, jusqu’au 24 avril, 22 bénévoles se sont rendus sur place à tour de rôle, chaque jour, matin et soir, pour recueillir les batraciens dans les seaux et les faire traverser, mais aussi pour les compter après les avoir identifiés.

 

Bilan quantitatif : au moins 1026 batraciens ont tenté la traversée de la route. 952 ont profité du système. 74 ont été écrasés.

 

Bilan qualitatif : comme prévu, une écrasante majorité de crapauds communs (88%), mais aussi des grenouilles agiles, rousses et de couleur verte, quelques tritons palmés, ponctués et crêtés.

La fête de la nature

Le 22 mai, les batraciens étaient les vedette de la Fête de la nature à Condé-sur-Vesgre. Le bilan a été présenté au public. Des animations ont été organisées : présentation des espèces locales dans des aquariums, observation de larves au microscope, et à la tombée de la nuit, écoute du chant de ces batraciens près de l’étang du Gué Porcherel et de mares en forêt.

Perspectives

Le bilan est positif à plusieurs points de vue : préservation de la biodiversité, connaissance de l’environnement de proximité pour les condéens, démarche d’identification d’animaux par les enfants et les adultes, et puis une ambiance sympathique entre tous les bénévoles et les cris de joie des enfants découvrant un triton rare ou tenant une grenouille dans la main pour la première fois.

 

Les bilans, quantitatif et qualitatif, à consolider en 2011, permettront de poursuivre le dialogue avec la CCPH en vue de la réalisation d'un crapauduc.

 

L'opération est reconduite en 2011. Lien


Publié par AME de Condé-sur-Vesgre

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